La collecte des données qualitatives: retour d’expériences

publié le 28 févr. 2018 à 07:19 par Domaine Administrator   [ mis à jour : 28 févr. 2018 à 07:21 ]

 Sous cet intitulé, la revue aborde une question aux ramifications épistémologique, théorique et méthodologique : comment obtenir des données dont l’analyse puisse produire des résultats à valeur scientifique ? Cette question, du moins générale, reste transversale à la quasi-totalité des sciences humaines et sociales, et particulièrement à la sociologie dont le caractère évanescent de l’objet et la capacité problématique du chercheur à toujours garder de la distance par rapport à son objet ont été déjà suffisamment démontrés. La quasi-totalité des manuels de recherches en sciences sociales le rappellent, en effet, dans leur tentative pédagogique de traduire le cycle de la recherche scientifique. Seulement, ceux-ci, à l’analyse, restent le plus souvent académiques, traduisant ainsi ce qu’il convient de faire, étape par étape. Par exemple, les ouvrages de méthodologie et les publications scientifiques qui racontent des expériences de collecte de données s’avèrent très rares. Ils sont encore davantage rares ceux qui traitent des expériences de collecte de données qualitatives. On peut citer, dans le très petit lot des études qui se rapprochent de cette tendance, les travaux de
Lognon et Droh (2014) qui montrent comment, en situation, des entretiens individuels prennent l’allure voire se transforment en entretiens collectifs, et inversement comment des entretiens de groupes se transforment en entretiens individuels. Ces travaux se placent ainsi au centre d’une découverte dans les enquêtes qualitatives, même s’ils ne poussent pas la réflexion jusqu’à questionner la validité des données ainsi recueillies et dans quelles catégories les classer ni à préciser comment éviter de tels biais.
Les données qualitatives étant contextuelles et historiques, leur collecte met, en effet, souvent le chercheur dans et face à au moins trois situations d’interaction toutes aussi délicates les unes que les autres : une situation d’interaction chercheur-enquêté (entretiens
individuels et entretiens collectifs) ; une situation d’interaction chercheur-chercheur (analyse documentaire) ; une situation d’interaction enquêté-enquêté en présence du chercheur (observation). Sous ce rapport, l’on postule que les expériences de ces différentes situations peuvent être toutes aussi instructives qu’un cours magistral ou un travail dirigé sur la méthodologie de la recherche (notamment sur la collecte des données). 

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Domaine Administrator,
28 févr. 2018 à 07:19
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